{"id":3693,"date":"2023-10-31T17:34:13","date_gmt":"2023-10-31T16:34:13","guid":{"rendered":"http:\/\/lhivernu.com\/?page_id=3693"},"modified":"2024-05-21T11:38:35","modified_gmt":"2024-05-21T09:38:35","slug":"pour-un-theatre-des-milieux","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/lhivernu.com\/index.php\/pour-un-theatre-des-milieux\/","title":{"rendered":"Pour un th\u00e9\u00e2tre des milieux"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Sommaire<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li style=\"text-transform:lowercase\"><a href=\"#MILIEUX-:-R\u00c9CIT-D\u2019EXP\u00c9RIENCE\" data-type=\"internal\" data-id=\"#MILIEUX-:-R\u00c9CIT-D\u2019EXP\u00c9RIENCE\">MILIEUX : R\u00c9CIT D\u2019EXP\u00c9RIENCE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li style=\"text-transform:lowercase\"><a href=\"#MILIEUX-:-DES-LIEUX-\u00c0-HABITER\" data-type=\"internal\" data-id=\"#MILIEUX-:-DES-LIEUX-\u00c0-HABITER\">MILIEUX : DES LIEUX \u00c0 HABITER<\/a><\/li>\n\n\n\n<li style=\"text-transform:lowercase\"><a href=\"#MILIEUX-:-DES-LIEUX-\u00c0-HABITER-EN-COMMUN\" data-type=\"internal\" data-id=\"#MILIEUX-:-DES-LIEUX-\u00c0-HABITER-EN-COMMUN\">MILIEUX : DES LIEUX \u00c0 HABITER EN COMMUN<\/a><\/li>\n\n\n\n<li style=\"text-transform:lowercase\"><a href=\"#MILIEUX-:-L\u2019ART-TH\u00c9\u00c2TRAL-COMME-ZONE-D\u2019EXP\u00c9RIENCES\" data-type=\"internal\" data-id=\"#MILIEUX-:-L\u2019ART-TH\u00c9\u00c2TRAL-COMME-ZONE-D\u2019EXP\u00c9RIENCES\">MILIEUX : L\u2019ART TH\u00c9\u00c2TRAL COMME ZONE D\u2019EXP\u00c9RIENCES<\/a><\/li>\n\n\n\n<li style=\"text-transform:lowercase\"><a href=\"#MILIEUX-:-POUR-UN-TH\u00c9\u00c2TRE-V\u00c9G\u00c9TAL-\u2013-DIALOGUE-DES-PLANTES\" data-type=\"internal\" data-id=\"#MILIEUX-:-POUR-UN-TH\u00c9\u00c2TRE-V\u00c9G\u00c9TAL-\u2013-DIALOGUE-DES-PLANTES\">MILIEUX : POUR UN TH\u00c9\u00c2TRE V\u00c9G\u00c9TAL \u2013 DIALOGUE DES PLANTES<\/a><\/li>\n\n\n\n<li style=\"text-transform:lowercase\"><a href=\"#MILIEUX-:-QUAND-LES-MILIEUX-NOUS-HABITENT-:-R\u00c9CIT,-MAGIE-ET-IMAGINAIRE\" data-type=\"internal\" data-id=\"#MILIEUX-:-QUAND-LES-MILIEUX-NOUS-HABITENT-:-R\u00c9CIT,-MAGIE-ET-IMAGINAIRE\">MILIEUX : QUAND LES MILIEUX NOUS HABITENT : R\u00c9CIT, MAGIE ET IMAGINAIRE<\/a><\/li>\n\n\n\n<li style=\"text-transform:lowercase\"><a href=\"#MILIEUX-:-DES-LIEUX-EN-LUTTES\">MILIEUX : DES LIEUX EN LUTTES<\/a><\/li>\n\n\n\n<li style=\"text-transform:lowercase\"><a href=\"#MILIEUX-:-DES-TH\u00c9\u00c2TRES-AUX-MILLE-LIEUX\" data-type=\"internal\" data-id=\"#MILIEUX-:-DES-TH\u00c9\u00c2TRES-AUX-MILLE-LIEUX\">MILIEUX : DES TH\u00c9\u00c2TRES AUX MILLE LIEUX<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"MILIEUX-:-R\u00c9CIT-D\u2019EXP\u00c9RIENCE\" style=\"text-transform:none\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Milieux : r\u00e9cit d&rsquo;exp\u00e9rience<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Il y a trois ans nous avons d\u00e9pos\u00e9 un dossier de demande d\u2019aide aupr\u00e8s de la DRAC Occitanie, pour que le lieu de r\u00e9sidence de la Cie l\u2019hiver nu devienne un AFA (atelier de fabrique artistique). Pour cette d\u00e9marche, nous avons r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 de la fabrique et \u00e0 ce qui la caract\u00e9rise. Nous avons alors imagin\u00e9 utiliser le terme de th\u00e9\u00e2tre paysan, d\u00e9nomination que nous lions au lieu de la fabrique du Viala. Au sein de la compagnie pour notre d\u00e9marche de cr\u00e9ation, nous parlons de th\u00e9\u00e2tre des milieux. Notre fabrique th\u00e9\u00e2trale paysanne est au service d\u2019une recherche pour un th\u00e9\u00e2tre des milieux. Nous proposons d\u2019exposer ici notre exp\u00e9rience et l&rsquo;origine pour nous de ce th\u00e9\u00e2tre des milieux et de parler ensuite plus sp\u00e9cifiquement de la fabrique du Viala et du th\u00e9\u00e2tre paysan.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">La d\u00e9marche de la Cie l&rsquo;hiver nu \u00ab pour un th\u00e9\u00e2tre des milieux \u00bb que nous portons depuis sept ans, est n\u00e9e avec la d\u00e9couverte de la pens\u00e9e de la philosophe des sciences Isabelle Stengers et de l&rsquo;\u00e9cofeministes Starhawk. Cette recherche d\u2019un art qui porte attention \u00e0 l&rsquo;ensemble des vivants et de leurs relations s&rsquo;inscrit dans la continuit\u00e9 d&rsquo;un des fondements de la compagnie : cr\u00e9er en relation avec les lieux dans lequel nous nous trouvons. L\u00e0 o\u00f9 nous sommes, nous faisons.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" id=\"MILIEUX-:-DES-LIEUX-\u00c0-HABITER\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Milieux : des lieux \u00e0 habiter<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">En 2008, la d\u00e9cision de s&rsquo;installer et de cr\u00e9er une compagnie en Loz\u00e8re acte le d\u00e9marrage de ce processus. Apr\u00e8s 10 ans de vie artistique parisienne, nous ne souhaitions plus jouer uniquement pour un petit groupe d&rsquo;initi\u00e9.e.s (artistes et bourgeoisie culturelle). Nous imaginons alors un projet de th\u00e9\u00e2tre chez l&rsquo;habitant en Loz\u00e8re, <em>J&rsquo;ai march\u00e9 sous les pierres<\/em>, avec comme sous-titre : Mythologie contemporaine et imaginaire d&rsquo;une vall\u00e9e. C&rsquo;\u00e9tait un feuilleton th\u00e9\u00e2tral en 9 \u00e9pisodes sur une ann\u00e9e pour aller \u00e0 la rencontre d&rsquo;autres publics. Nous disions alors avoir l&rsquo;impression de jouer devant un \u00ab\u00a0v\u00e9ritable public\u00a0\u00bb, m\u00e9lang\u00e9. Il \u00e9tait compos\u00e9 d&rsquo;instituteurices, de facteurices, de paysan.nes, de commer\u00e7ant.es, de lib\u00e9rales, de retrait\u00e9.es, d\u2019artisan.es, de travailleurs.euses sociaux, et un peu de jeunes, m\u00eame s\u2019il y en avait tr\u00e8s peu \u00e0 l\u2019\u00e9poque (Il n\u2019y avait pas d\u2019universit\u00e9 en Loz\u00e8re\u2026). En travaillant sur la question du mythe, nous interrogions d\u00e9j\u00e0 la place du r\u00e9cit dans la dynamique collective.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Dans la foul\u00e9e, l&rsquo;opportunit\u00e9 de cr\u00e9er un lieu compagnie dans ce d\u00e9partement, nous a pouss\u00e9 \u00e0 porter attention \u00e0 la relation au territoire. Qui habite ici\u202f? Pour qui et avec qui cr\u00e9ons-nous\u202f? Avec ces questions, nous posions les pr\u00e9mices d&rsquo;un art th\u00e9\u00e2tral situ\u00e9. En r\u00e9action aux directives et aux politiques culturelles nationales universalistes descendantes nous voulions faire th\u00e9\u00e2tre en relation avec ceux qui habitent l\u00e0 (nous pensions alors aux habitants humains). <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" id=\"MILIEUX-:-DES-LIEUX-\u00c0-HABITER-EN-COMMUN\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" style=\"text-transform:none\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Milieux : des lieux \u00e0 habiter en commun<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En Loz\u00e8re la pr\u00e9sence artistique (artistes vivants sur le territoire) est faible, nous avions besoin d&rsquo;\u00e9changer<br>avec d\u2019autres artistes pour faire r\u00e9sonner nos pr\u00e9occupations. En ouvrant un lieu, nous avons donc imagin\u00e9 rendre possible cet \u00e9change par le biais de r\u00e9sidences. Cela permettait l&rsquo;accueil d&rsquo;artistes, mais aussi du public, des habitants des vall\u00e9es autour, lors de sortie de r\u00e9sidences. Nous ne voulions pas \u00eatre dans un rapport de programmation et de diffusion (qui est un autre m\u00e9tier \u00e0 interroger\u2026) nous souhaitions donner une place importante \u00e0 la convivialit\u00e9, nous avons donc imagin\u00e9 <em>les banquets d&rsquo;hiver<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Les banquets d\u2019hiver<\/em> sont une invitation mensuelle \u00e0 un grand repas collectif \u00e0 prix libre, durant lequel nous proposons de mettre la convivialit\u00e9 au centre de la soir\u00e9e et les propositions artistiques en p\u00e9riph\u00e9rie. D\u00e9centrer la proposition artistique pour la rendre accessible, est aussi l&rsquo;occasion pour nous et pour les artistes invit\u00e9.e.s de cr\u00e9er en bordure, dans les marges. La cr\u00e9ation devient un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;une soir\u00e9e collective et non plus le centre. Par extension l&rsquo;ensemble des propositions peuvent devenir artistiques. L&rsquo;attention port\u00e9e \u00e0 l&rsquo;accueil des enfants (pour que tous parent puisse participer \u00e0 la soir\u00e9e et \u00eatre s\u00fbr que l&rsquo;un des parents ne soit pas exclus, souvent les m\u00e8res quand les enfants sont petits) le fait que les spectacles jouent portes ouvertes (quiconque peut entrer et sortir pendant une pi\u00e8ce ou un concert en accord avec les artistes) sont aussi des pistes de r\u00e9flexion. Ce banquet, v\u00e9g\u00e9tarien, est inspir\u00e9 de banquets v\u00e9cus \u00e0 Notre dame des landes. La mise en place de ce rendez-vous mensuel \u00e9tait aussi l\u2019occasion de faire raisonner les inventions et les initiatives qui \u00e9mergent dans ces lieux de luttes \u00e9cologiques et sociales.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La mise en r\u00e9seau avec d\u2019autres compagnies, artistes, penseurs qui travaillent la relation aux milieux est un champ d\u2019action important \u00e0 d\u00e9velopper\u2026 Nous discutons avec plusieurs compagnies sur la cr\u00e9ation d\u2019un r\u00e9seau local et r\u00e9gional.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" id=\"MILIEUX-:-L\u2019ART-TH\u00c9\u00c2TRAL-COMME-ZONE-D\u2019EXP\u00c9RIENCES\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Milieux : l&rsquo;art th\u00e9\u00e2trale comme zone d&rsquo;exp\u00e9riences<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<p>Dans la d\u00e9marche de cr\u00e9ation de la compagnie la r\u00e9flexion pour un th\u00e9\u00e2tre des milieux, s&rsquo;est affirm\u00e9e lors du lancement du nouveau cycle de recherches en 2020, qui fait suite \u00e0 un cycle sur la notion de catastrophe. Entre 2016 et 2021 nous avons cr\u00e9\u00e9 trois spectacles autour de cette question, sur la catastrophe politique (autour des mouvements anarchistes espagnols), sur la catastrophe sociale (fermeture d&rsquo;usine et l\u2019\u00e9cof\u00e9minisme comme moyen de lutte) et sur la catastrophe \u00e9cologique (du point de vue des enfants).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cycle \u00ab POUR UN TH\u00c9\u00c2TRE DES MILIEUX \u00bb, nous cherchons \u00e0 rendre visible les relations qui existent entre des vivants arpentant un m\u00eame milieu. \u00c9clairer les relations entre ces diff\u00e9rents vivants et en laisser appara\u00eetre la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de l&rsquo;\u00e9criture de notre projet artistique nous avons pos\u00e9 la question de la recherche ainsi :<br>\u00ab\u00a0Et si notre th\u00e9\u00e2tre, aujourd\u2019hui, devenait le lieu o\u00f9 se joue, se questionne, cette attention collective des humains \u00e0 l\u2019ensemble du vivant\u202f? De quels r\u00e9cits, de quels nouveaux outils avons-nous besoin pour nous donner la possibilit\u00e9 d\u2019une dramaturgie des vivants ?<\/p>\n\n\n\n<p>Traditionnellement, nous consid\u00e9rons que le th\u00e9\u00e2tre est l\u2019art et le lieu d\u2019exposition des conflits humains : Conflit avec les Dieux ou le Destin, conflits des hommes entre eux (conflits sociaux), conflits de l\u2019\u00e2me (conflits psychologiques). Contrairement \u00e0 la peinture, le th\u00e9\u00e2tre propose peu de repr\u00e9sentations de ce qui n\u2019est pas humain. Aujourd\u2019hui, nous souhaitons \u00e9crire pour le th\u00e9\u00e2tre des conflits qui concernent et prennent en compte TOUS les vivants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce faisant, nous nous engageons sur le chemin d\u2019un th\u00e9\u00e2tre que nous concevons comme un lieu d\u2019\u00e9changes, un MILIEU, une zone d\u2019exp\u00e9rience. Un lieu o\u00f9 nous pouvons dialoguer avec le monde DANS lequel nous sommes et non pas FACE auquel nous nous trouvons.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous disons \u00ab milieux \u00bb \u00e0 la mani\u00e8re des naturalistes : milieux de vie, lieux o\u00f9 \u00e9voluent des \u00eatres vivants, o\u00f9 des organismes \u00e9changent et cohabitent.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette recherche nous permettra d\u2019\u00e9tablir les bases d\u2019un TH\u00c9\u00c2TRE DES MILIEUX. Elle aboutira \u00e0 deux cr\u00e9ations \u00e9crites par l\u2019\u00e9quipe de la compagnie l\u2019hiver nu : \u00ab R\u00e9cits des Milieux \u00bb, et \u00ab Dialogues des plantes \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous d\u00e9cidons d\u2019aborder ce champ de recherche par le biais des v\u00e9g\u00e9taux. Notre sc\u00e8ne sera un milieu naturel, les plantes en seront les personnages principaux. Nous souhaitons les convoquer comme sujet po\u00e9tique, aller \u00e0 leur rencontre et qu\u2019elles nous racontent leur vision du monde. Elles seront notre centre, notre point d\u2019\u00e9quilibre (et donc de d\u00e9s\u00e9quilibre, n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019acte de cr\u00e9ation artistique). Durant trois ann\u00e9es de recherche, nous cohabiterons avec elles. Nous parlerons plante et nous retranscrirons ces \u00e9changes sous forme de pi\u00e8ces.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette exp\u00e9rience avec le monde v\u00e9g\u00e9tal d&rsquo;une alt\u00e9rit\u00e9 radicale, comme nous l&rsquo;a \u00e9voqu\u00e9 Barbara M\u00e9tais Chastagnier, est aussi notre participation \u00e0 la constitution d&rsquo;autres r\u00e9cits de luttes : contre l\u2019anthropocentrisme et la domination d&rsquo;une pens\u00e9e lib\u00e9rale utilitariste des mondes que nous habitons.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" id=\"MILIEUX-:-POUR-UN-TH\u00c9\u00c2TRE-V\u00c9G\u00c9TAL-\u2013-DIALOGUE-DES-PLANTES\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Milieux : pour un th\u00e9\u00e2tre v\u00e9g\u00e9tal &#8211; Dialogue des plantes<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<p>O\u00f9 l\u2019on imagine que le th\u00e9\u00e2tre pourrait quitter le service du pouvoir et devenir enfin un lieu de retrouvailles entre vivants. Parce que le th\u00e9\u00e2tre fran\u00e7ais est un art bourgeois, con\u00e7u par et pour les dominants, les classes blanches, sup\u00e9rieures, citadines et patriarcales. Parce qu\u2019il est parfois, dans ses interstices, un art de la subversion et du renversement. Parce que nous le r\u00eavons comme un art de la joie et de la rencontre, de l\u2019expression plurielle de nos r\u00eaves les plus fous. Parce que nous savons que les r\u00e9cits des origines fondent nos identit\u00e9s culturelles et nos rapports \u00e0 l\u2019ensemble du vivant. Parce que nous pensons qu\u2019il devient urgent d\u2019en inventer d\u2019autres ou d\u2019exhumer ceux qui ont \u00e9t\u00e9 enfouis par les pens\u00e9es dominantes. Parce que nous sommes certain.e.s qu\u2019un plateau de th\u00e9\u00e2tre peut devenir le lieu de toutes les exp\u00e9riences, le lieu d\u2019inventions de nouveaux rapports et de nouveaux mondes. Parce que la r\u00e9alit\u00e9 appara\u00eet comme toujours plus brutale. Parce que seuls nos imaginaires intimes m\u00e9tamorphos\u00e9s en imaginaires collectifs sont capables de renverser l\u2019ordre des choses. Parce que malgr\u00e9 la violence du syst\u00e8me dans lequel nous sommes toutes et tous prisonni\u00e8r.e.s \u00e0 plus ou moins grande \u00e9chelle, il existe des poches de r\u00e9sistance et d\u2019invention de plus en plus vives et originales, parce que ces enclaves nous donnent du courage. Parce que les vivants v\u00e9g\u00e9taux, et parmi elleux, les herbes se retrouvent tout en bas de la pyramide invent\u00e9e par les hommes. Parce que les herbes qui habitent nos rues, nos villages, nos champs, nos for\u00eats, nos montagnes comptent parmi les plus d\u00e9laiss\u00e9es de tous les d\u00e9laiss\u00e9s. Parce qu\u2019elles nous piquent, nous griffent, nous envahissent, nous empoisonnent. Parce qu\u2019elles sont nos a\u00een\u00e9es, parce qu\u2019elles sauront toujours s\u2019adapter mieux que nous, parce qu\u2019elles ont tout \u00e0 nous apprendre. Parce que les herbes, bonnes ou mauvaises, seront toujours du c\u00f4t\u00e9 de la fugitive, de la SDF, de l\u2019exil\u00e9e, de l\u2019ignorante. Parce que les herbes sont le premier ingr\u00e9dient de la magie et que la magie est un outil comme un autre de r\u00e9-invention, r\u00e9int\u00e9gration de l\u2019ensemble des vivants. Parce que la douceur est aussi une arme de renversement. Parce que le th\u00e9\u00e2tre fran\u00e7ais, art de la parole si l\u2019en est s\u2019est totalement d\u00e9tourn\u00e9 du monde v\u00e9g\u00e9tal. Parce que le th\u00e9\u00e2tre a trop longtemps cru qu\u2019il ne pouvait (re)mettre en jeu que des probl\u00e8mes humains. Nous d\u00e9cidons aujourd\u2019hui d\u2019adresser l\u2019ensemble de nos pi\u00e8ces pr\u00e9sentes et \u00e0 venir \u00e0 l\u2019ensemble des vivant.e.s, et en priorit\u00e9 \u00e0 celleux qui sont les plus oubli\u00e9.e.s, les plus d\u00e9consid\u00e9r\u00e9.e.s, les plus malmen\u00e9.e.s. Nous chercherons dor\u00e9navant \u00e0 (re)donner la parole aux \u00eatre vivants v\u00e9g\u00e9taux que l\u2019on a crus muets jusque l\u00e0. Nous consid\u00e9rons que \u00ab vivant \u00bb veut dire \u00ab vivant dans un milieu \u00bb, et que prendre en compte les vivants c\u2019est aussi prendre en compte les relations qui se tissent et forment les milieux. Dialogues des plantes est le premier acte de ce geste artistique qui nous am\u00e8ne au plus profond de nous m\u00eame \u00e0 repenser nos modes de cr\u00e9ations, qu\u2019il s\u2019agisse de nos outils de productions comme de nos mani\u00e8res de cr\u00e9er et de penser. Dialogues des plantes n\u2019est pas un spectacle, mais une d\u00e9marche artistique plurielle et prot\u00e9iforme. Dialogues des plantes est une invitation \u00e0 se laisser habiter par des \u00e9motions douces, v\u00e9g\u00e9tatives, parfois ultra violents, extatiques. Dialogues des plantes est une invitation \u00e0 se retrouver ensemble dans un geste th\u00e9\u00e2tral sans plateau ni d\u00e9cor, mais avec nos milieux pour sc\u00e8ne, et l\u2019ensemble des vivants pour acteur. Dialogues des plantes est un rituel sans c\u00e9r\u00e9monie, un \u00e9v\u00e8nement th\u00e9\u00e2tral sans climax. Dialogues des plantes est une s\u00e9rie de divagations, d\u00e9ambulations. Dialogues des plantes est une \u00e9tape, le moment d\u2019acceptation que quand on recommence tout \u00e0 z\u00e9ro on est parfois malhabile, fragile. Dialogues des plantes, c\u2019est cela : la mise en commun d\u2019une certaine fragilit\u00e9 qui est sans doute la seule base pour renverser la catastrophe dans laquelle nous sommes plong\u00e9.e.s<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" id=\"MILIEUX-:-QUAND-LES-MILIEUX-NOUS-HABITENT-:-R\u00c9CIT,-MAGIE-ET-IMAGINAIRE\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Milieux : quand les milieux nous habitent : r\u00e9cit, magie et imaginaire<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9mergence d\u2019un th\u00e9\u00e2tre des milieux, s&rsquo;inscrit dans une d\u00e9marche d\u2019un changement de point de vue, d\u2019un d\u00e9m\u00e9nagement (Comme le propose la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9cologique du post-urbain). Dans la continuit\u00e9 du slogan \u00ab\u00a0Nous sommes la nature qui se d\u00e9fend\u00a0\u00bb, nous sommes une part du milieu, nous sommes le milieu qui parle. En tant qu&rsquo;acteur.ices de th\u00e9\u00e2tre nous essayons de l&rsquo;incarner. Nous pr\u00eatons nos voix aux autres vivants le constituant.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous acceptons de jouer le jeu de l\u2019anthropomorphisme pour entrer en lutte contre l\u2019antropocentrisme, occidentcapitalocentrisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette incarnation des autres vivants des milieux est un acte artistique mais peut aussi \u00eatre le chemin vers un acte magique, permettant un d\u00e9s-envoutement. Nous pouvons consid\u00e9rer que la pens\u00e9e lib\u00e9rale et une certaine forme de rationalisme utilitariste nous habite malgr\u00e9 nous. Nous pourrions imaginer avoir besoin d\u2019\u00eatre d\u00e9senvout\u00e9, comme nous avons tent\u00e9 de le faire avec humour dans le spectacle \u00ab Un pas au milieu des dragons \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes artistes associ\u00e9s aux sc\u00e8nes crois\u00e9es de Loz\u00e8re depuis 2016. Florian Oliveres, le directeur des sc\u00e8nes crois\u00e9es a propos\u00e9 de faire de cette sc\u00e8ne conventionn\u00e9e art en territoire un espace d&rsquo;exp\u00e9rimentation artistique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;un d\u00e9partement sur la question de nos paysages intimes. L&rsquo;\u00e9quipe r\u00e9fl\u00e9chit donc les collaborations avec des artistes sur cette question de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat au paysage et de tous les enjeux politiques, philosophiques et de soci\u00e9t\u00e9s que cela engendre. Nous avons d\u00e8s le d\u00e9but \u00e9voqu\u00e9 avec Florian notre souhait pour la Cie l&rsquo;hiver nu d&rsquo;aborder la question par le biais de cette pens\u00e9e des milieux. Le dialogue avec les sc\u00e8nes crois\u00e9es implique une mise en r\u00e9sonance des deux termes, milieu et paysage.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour nous, \u00e0 premi\u00e8re vue et peut-\u00eatre de mani\u00e8re un peu erron\u00e9e le paysage implique d&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur pour le voir et le sens de la vue est le principal convoqu\u00e9. Tandis qu&rsquo;un milieu peut difficilement se voir, il se ressent. \u00c0 part scientifiquement (en isolant) nous ne pouvons pas d\u00e9terminer un milieu d\u2019un point A \u00e0 un point B. Le milieu change en fonction des \u00eatres qui l&rsquo;habitent. S&rsquo;ils sont mobiles le milieu bouge avec eux. Cette relation de l&rsquo;\u00eatre au lieu et donc leur interd\u00e9pendance rend la pens\u00e9e des milieux int\u00e9ressante th\u00e9\u00e2tralement. En consid\u00e9rant que les milieux bougent avec les \u00eatres vivants qui l&rsquo;habitent, les lieux prennent vie et se d\u00e9terminent par le fait d&rsquo;\u00eatre vivant ou du moins d&rsquo;\u00eatre compos\u00e9 de tous les vivants qui l&rsquo;habitent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un autre sens le milieu (spatial), implique l\u2019invisible. Du milieu (centre) d\u2019un espace on ne peut pas voir son enti\u00e8ret\u00e9, il nous en manque forc\u00e9ment un bout. Si l\u2019on est au centre d&rsquo;une pi\u00e8ce, nous tournons toujours le dos \u00e0 une partie. Le milieu implique donc le cach\u00e9, l&rsquo;invisible. Nous pourrions dire qu&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre des milieux est un th\u00e9\u00e2tre qui met au centre de la sc\u00e8ne les relations invisibles qui existent entre tous les vivants.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" id=\"MILIEUX-:-DES-LIEUX-EN-LUTTES\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Milieux : des lieux en luttes<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<p>        Concernant le th\u00e9\u00e2tre paysan, nous avons \u00e9crit :<br>\u00ab\u00a0Depuis l\u2019automne 2011, la compagnie l\u2019hiver nu a install\u00e9 son activit\u00e9 dans les locaux d\u2019une ancienne ferme transform\u00e9e en colonie de vacances puis en fabrique artistique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, nous avons fait de cette fabrique un espace qui permet d\u2019entrem\u00ealer la recherche artistique de la compagnie, un accueil singulier d\u2019artistes venus d&rsquo;ailleurs et un soin tout particulier dans le partage des activit\u00e9s du lieu avec les habitant.e.s des vall\u00e9es voisines.<\/p>\n\n\n\n<p>Habit\u00e9e de fa\u00e7on permanente par les membres de la compagnie et de fa\u00e7on intermittente par l\u2019ensemble des usagers qui la traversent, la Fabrique Th\u00e9\u00e2trale du Viala se nourrit de toutes celles et ceux qui s\u2019y investissent \u00e0 court ou long terme. (\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est au long d\u2019une ann\u00e9e faite de repas partag\u00e9s, de f\u00eates artistiques, de laboratoires de recherche amateurs et professionnels, de pr\u00e9sentations de travaux en cours, de conversations multiples, de r\u00e9p\u00e9titions ouvertes, que se nouent les interrogations d\u2019artistes et de spectateurs ou praticiens amateurs autour du monde qui nous entoure et dans lequel nous sommes plong\u00e9s. (\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019oppos\u00e9 de la normalisation et de la simplification de nos vies, nous cherchons, par le biais du th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 ouvrir des possibles en nous inspirant de la diversit\u00e9 et de la complexit\u00e9 que la \u00ab nature \u00bb nous offre (encore).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous vivons cette fabrique comme un lieu de lutte contre la s\u00e9paration d\u2019avec nos moyens de production, et contre la s\u00e9paration entre artistes et habitants : notre objectif est de retrouver ce qui nous lie, nous, artistes et habitants, vivants en prise directe avec une vall\u00e9e, des montagnes, \u00ab un pays \u00bb.<br>C&rsquo;est pourquoi nous pensons ce lieu comme un Th\u00e9\u00e2tre Paysan : un th\u00e9\u00e2tre qui se construit avec ce qui est \u00e0 port\u00e9e de main, qui se vit avec les contraintes et les possibles des diff\u00e9rentes saisons (culturelles et naturelles), qui s\u2019\u00e9labore avec ce qui est simplement l\u00e0, visible ou cach\u00e9. Un th\u00e9\u00e2tre qui vient tisser la vie avec la cr\u00e9ation et la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p>Un Atelier de fabrique artistique paysan, c\u2019est un th\u00e9\u00e2tre qui prend place dans un milieu, qui lui est li\u00e9. La cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale qui habite ce lieu est nou\u00e9e au rythme du pays, des gens, des saisons, du biotope. Elle porte attention au vivant et lui donne la parole. Elle est le reflet d\u2019un th\u00e9\u00e2tre des vivants dans leurs multiplicit\u00e9s. Multiplicit\u00e9s que l\u2019on retrouve dans la non-sp\u00e9cialisation des t\u00e2ches. Les femmes et les hommes paysan.e.s sont \u00e0 la fois jardinier.e.s, ma\u00e7on, m\u00e9t\u00e9orologues, v\u00e9t\u00e9rinaires, g\u00e9ologues, b\u00fbcheron.e.s, paysagistes, marchand.e.e, charpentier.e.s. L\u2019art, th\u00e9\u00e2tral dont nous r\u00eavons incorpore cette multiplicit\u00e9 des t\u00e2ches.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avions aussi pens\u00e9 le terme de th\u00e9\u00e2tre paysan comme strat\u00e9gie de lutte pour nous rapprocher des mouvements ruraux actifs : mouvement des zad, la conf\u00e9d\u00e9ration paysanne, terre de liens \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre paysan est un acte politique, le th\u00e9\u00e2tre des milieux est un acte po\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" id=\"MILIEUX-:-DES-TH\u00c9\u00c2TRES-AUX-MILLE-LIEUX\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-green-cyan-color\">Milieux : des th\u00e9\u00e2tres aux mille lieux<\/mark><\/h5>\n\n\n\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre des milieux n\u2019est pas un projet, c\u2019est une mani\u00e8re de vivre l\u2019art et un art de vivre.<br>Que cela soit au fin fond des C\u00e9v\u00e9nnes sur un causse calcaire, \u00e0 Nanterre ou \u00e0 Riom . L\u2019artiste qui chemine vers un th\u00e9\u00e2tre des milieux d\u00e9veloppe une attention particuli\u00e8re aux vivants et \u00e0 leur relation. Iel s\u2019oppose \u00e0 tout rapport de domination. Iel s\u2019oppose donc \u00e0 la supr\u00e9matie de l\u2019homme blanc m\u00e2le.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019artiste pour un th\u00e9\u00e2tre des milieux doit se r\u00e9approprier les moyens et les lieux de production \u00e0 petite et \u00e0 grande \u00e9chelle, r\u00e9fl\u00e9chir ses collaborations sur un temps long (en dizaine d\u2019ann\u00e9es).<\/p>\n\n\n\n<p>Iel s\u2019inscrit dans une permanence. Iel r\u00e9siste \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nementiel du spectacle et de la politique, pour pouvoir rentrer en r\u00e9sistance \u00e0 tout moment. Iel est nomade aussi bien que s\u00e9dentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Iel fait en sorte que la trace laiss\u00e9e sur le milieu lors de ses cr\u00e9ations est la moins marquante possible. Iel travail l\u2019art de l\u2019effacement, de la symbiose plus que celui de la production d\u2019oeuvre autonome. Iel fait en sorte de ne pas hi\u00e9rarchiser les diff\u00e9rents agents de la cr\u00e9ation. Iel fait partir la cr\u00e9ation de la mati\u00e8re , de l\u2019\u00e9criture, aussi bien que des corps des actrices-eurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Iel privil\u00e9gie les d\u00e9placements humains \u00e0 ceux des marchandises. Iel consid\u00e8re son milieu de vie comme son espace de cr\u00e9ation et inversement.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pourrions dire pour conclure cette premi\u00e8re r\u00e9flexion que notre engagement pour un th\u00e9\u00e2tre des milieux s\u2019inscrit dans un mouvement plus large. Un mouvement de pens\u00e9e \u00e9cologiste en lutte qui donne plus d\u2019attention \u00e0 l\u2019ensemble des vivants et \u00e0 leurs habitats, qui est \u00e0 relier dans la foul\u00e9e aux pens\u00e9es f\u00e9ministes et d\u00e9colonialistes en luttes. L\u2019art th\u00e9\u00e2tral que nous r\u00eavons doit pouvoir participer \u00e0 l\u2019\u00e9criture de ces autres r\u00e9cits et les transformer en exp\u00e9rience. Les faire raisonner avec les mondes que nous habitons pour s\u2019opposer au r\u00e9cit dominant d\u2019un monde univoque o\u00f9 le n\u00e9olib\u00e9ralisme impose sa loi mortif\u00e8re. Si nous avons fait le choix de nous installer en milieu rural, c&rsquo;est que nous pensons et ressentons avoir une plus grande puissance d\u2019agir \u00e0 cet endroit. Ces espaces de campagnes sont \u00e0 d\u00e9fendre, \u00e0 d\u00e9coloniser, \u00e0 des-urbaniser. Ils doivent \u00eatre r\u00e9-habit\u00e9s. Ils ne doivent plus \u00eatre des espaces pour se ressourcer, ils ne doivent plus \u00eatres des lieux \u00ab destinations \u00bb (touristiques ou d\u2019am\u00e9nagement), ils doivent \u00eatre des lieux de vie, de cr\u00e9ation, d\u2019invention permanente. O\u00f9 d\u2019autres mani\u00e8res de vivre, de cr\u00e9er et d\u2019inventer sont exp\u00e9riment\u00e9es. Comme une mani\u00e8re paysanne qui s\u2019oppose \u00e0 la sp\u00e9cialisation des taches, \u00e0 la s\u00e9paration des moyens de productions. Une mani\u00e8re de po\u00e8tes.ses o\u00f9 l\u2019art et la vie sont intrins\u00e8quement li\u00e9s. Une mani\u00e8re de philosophes o\u00f9 la relation entre les \u00eatres et leur cohabitation pour faire milieu ensemble est le centre de toutes nos attentions communes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sommaire Milieux : r\u00e9cit d&rsquo;exp\u00e9rience Il y a trois ans nous avons d\u00e9pos\u00e9 un dossier de demande d\u2019aide aupr\u00e8s de la DRAC Occitanie, pour que le lieu de r\u00e9sidence de la Cie l\u2019hiver nu devienne un AFA (atelier de fabrique artistique). Pour cette d\u00e9marche, nous avons r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 de la fabrique et \u00e0 ce qui la caract\u00e9rise. Nous avons alors imagin\u00e9 utiliser le terme de th\u00e9\u00e2tre paysan, d\u00e9nomination que nous lions au lieu de la fabrique du Viala. Au sein de la compagnie pour notre d\u00e9marche de cr\u00e9ation, nous parlons de th\u00e9\u00e2tre des milieux. Notre fabrique th\u00e9\u00e2trale paysanne est au service d\u2019une recherche pour un th\u00e9\u00e2tre des milieux. Nous proposons d\u2019exposer ici notre exp\u00e9rience et l&rsquo;origine pour nous de ce th\u00e9\u00e2tre des milieux et de parler ensuite plus sp\u00e9cifiquement de la fabrique du Viala et du th\u00e9\u00e2tre paysan. La d\u00e9marche de la Cie l&rsquo;hiver nu \u00ab pour un th\u00e9\u00e2tre des milieux \u00bb que nous portons depuis sept ans, est n\u00e9e avec la d\u00e9couverte de la pens\u00e9e de la philosophe des sciences Isabelle Stengers et de l&rsquo;\u00e9cofeministes Starhawk. 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